Le premier qui l’a observé par projection du soleil sur un écran est l’Anglais Horrocks le 4 décembre 1639. Mais c’est surtout sous l’impulsion de Halley, l’homme de la comète, que son observation a pris une importance exceptionnelle. Pourtant il n’avait aucune chance d’y procéder de lui-même car s’était en 1716, il avait 59 ans et les prochains transits avaient lieu en 1761 et 1769.
Il s’agissait en effet de déterminer la parallaxe solaire c'est-à-dire l’angle sous lequel on verrait le rayon de la terre depuis le centre du soleil. C’est la mesure utilisée pour détermination des longitudes sur la terre, problème essentiel de la navigation.
Tous les transits ont été poursuivis par les grandes actions maritimes. Les résultats ont été souvent dramatiques à cause des batailles navales, des épidémies ou moins mortel mais aussi
négatif, le temps couvert. Aussi il est troublant de voir que c’est souvent l’astronome qui a préparé avec ardeur une expédition dont le résultat est médiocre qui préconise les sites de la prochaine, dont il ne pourra faire partie. En effet, comme l’écrivait Flammarion en 1882 :
"Le prochain passage n’aura lieu qu’au vingt et unième siècle, dans cent vingt et un ans et six mois : le 8 juin 2004, de 5h à 11h du matin. Les meilleurs points d’observation sont déjà choisis (comme ceux de 1874 et 1882 l’étaient dès 1769) ; mais les astronomes qui doivent s’y rendre ne sont pas encore... connus."
En effet, malgré l’accroissement de l’espérance de vie, l’observation du transit est un privilège réservé à une génération sur trois !
Des textes d’époque pourront être commentés lors des prochaines réunion du club astronomique : celle du 8 juin et le camp d’été aux Costes
- Harrocks en 1639
- Capitaine Cook à Tahiti, le 4 juin 1769, dans une édition originale l’époque, à la Pointe de Venus, là où la famille Morisot se trouve, en 1994, deux cent vingt cinq ans plus tard ; la description des population et des lieux montre peu de changements !
- Pour le dernier transit, en 1882, en France au pic du Midi, les Anglais en Australie et les Américains en Afrique du Sud.
On pourra aussi préciser les méthodes d’observation des contacts de Venus, soit le temps de passage total sur le soleil, soit heure précise du premier ou du dernier contact.
Observation du transit de Vénus le 8 juin 2004 depuis la rue des Ormeaux, Paris 20e, à l'aide du solarscope.
